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Les valeurs du “SBE”
(Successful Business English)
Danielle Brunon
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Dans le cadre du XXIVème Colloque international de linguistique fonctionnelle, qui s’est tenu à Toronto en juin 2000, l’intervention de Danielle Brunon présentait les valeurs véhiculées par le Successful Business English (SBE), qui désigne l’anglais utilisé notamment dans les entreprises internationales.
Introduction
Je souhaiterais présenter un bref aperçu de la recherche en linguistique descriptive que je mène à l’Université de Paris V, sous la direction du Professeur Fernand Bentolila. La langue étudiée est l’anglais, or, qui dit anglais, aujourd’hui, fait référence à une multitude de “parlers”, dont celui que nous appelons SBE. Permettez-moi un petit détour pour le définir.
Le SBE, le successful Business English, est l’anglais véhiculaire de l’entreprise internationale, certes, mais plus encore c’est ce que l’on pourrait appeler l’anglais des “affaires qui marchent”, l’anglais de ceux qui veulent ou pensent devoir projeter l’image permanente du succès, du “winner”.
Le SBE peut susciter des réactions violentes comme celle de l’auteur dramatique anglais Edward Bond, qui en dénonce la finalité entièrement matérialiste dans un récent article du Monde : “La langue mondiale l’anglo-américain … est une langue engendrée par le marché mondial et le système monétaire. Elle réduit le sens à “pouvoir faire”, la possibilité de faire quelque chose mais pas de comprendre ce qu’on fait ou de demander si c’est souhaitable autrement qu’en termes de profit…” Plus brutalement encore, il ajoute : “Cette langue “morte” corrompt toutes les cultures…” [1]. Voilà donc notre objet d’étude, cette langue “morte” qui se répand dans le monde de manière fulgurante.
Mais pourquoi parler du SBE à l’occasion de cette conférence dont le thème est :
“Le traducteur, son texte et son public ?” Les questions suivantes se posent. Un traducteur doit s’interroger sur la culture du public cible. Mais lorsqu’un texte a une fonction donnée, dans un contexte spécifique, ne faut-il pas également être en mesure d’identifier les situations de communication dans lesquelles ce texte devra s’inscrire? Il s’agira alors davantage d’une transposition que d’une traduction. Dans le cas des professionnels chargés du passage de textes vers l’anglais, ne faudra-t-il pas distinguer les situations qui exigent une traduction en anglais, de celles qui exigent une transposition en SBE? Et par conséquent, une plus grande sensibilisation aux caractéristiques propres au SBE ne sera-t-elle pas pertinente? Il nous semble en effet important de prendre la mesure des valeurs dont le SBE est porteur, pour que les textes transposés en SBE (et non pas traduits en anglais) puissent conserver leur pouvoir de conviction [2].
Il est indispensable de préciser que le SBE est ancré dans une culture. Nous dirons que c’est la culture de Wall Street, de la finance internationale, certes, mais à laquelle le dollar dicte sa loi [3]. Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, l’admet : “I don’t care whether the shareholders are French or American or whatever else… Whether we like it (or) not, the value of any large international company is determined by American opinion makers.” [4]. Ces décideurs financiers, banques d’affaires, cabinets de consultants en management, gestionnaires de fonds de pension, sont aussi les grands promoteurs du SBE. C’est la langue qui règne dans les présentations internationales, les conférences, les rapports annuels d’entreprises.
Par conséquent, c’est un anglais tissé de codes, véhiculant des valeurs spécifiques. Sa fonction centrale et quasi-permanente est de convaincre et de séduire un public qui peut être réel (dans une négociation) ou virtuel (dans une publicité). Une des valeurs primordiale est celle de l’action.
Concept et action
D’une manière très sommaire, nous dirons que le français tend à mettre l’accent sur la sphère du concept, alors que l’anglais, et plus encore le SBE, privilégie celle de l’action. Cela ressort tant des procédés syntaxiques que des tendances sémantiques des deux langues. Sur le plan syntaxique, par exemple, la mise en valeur du processus par le biais de l’aspect est fréquente dans le passage du français à l’anglais, même lorsqu’il s’agit d’un choix qui n’est pas contraignant sur le plan grammatical : Tous les établissements scolaires sont fermés : All the schools have been closed. Sur le plan sémantique, domaine plus difficile à cerner, nous proposons l’exemple suivant : à la sortie d’une réunion, le directeur conclut en disant: Réfléchissons à tout ceci et revoyons-nous dans une quinzaine de jours. La traduction : Let’s think about it and see each other again in a couple of weeks est correcte, mais parvient-elle à opérer la bonne transposition culturelle? En SBE, nous dirons : Let’s work on this and get together again in a couple of weeks. En SBE, let’s think about it porte un sens teinté d’inefficacité. Pour rendre l’idée nous avons étudié le problème de l’eau pendant un an, j’ai pu entendre we looked at the water issue for a year.
C’est dire qu’en SBE, tout doit s’inscrire dans une dynamique, une transformation, une évolution, non pas de la pensée, mais de l’action. Comment le locuteur de SBE va-t-il puiser dans le système de l’anglais pour mettre en relief l’action? Quels mécanismes linguistiques propres à l’anglais va-t-il exploiter choisir dans l’analyse des procès afin d’accentuer les valeurs de mouvement, d’innovation, de rapidité, d’agilité? Cinq procédés linguistiques nous semblent particulièrement pertinents: la fluidité des classes, les déterminants aspectuels, le sémantisme verbal et la typologie de ce sémantisme verbal ainsi que la mise en avant de la personne.
Fluidité des classes
Une des caractéristiques de l’anglais par rapport au français est une grande fluidité entre les classes. La position peut permettre à un nom d’acquérir une fonction adjectivale, comme c’est le cas pour race dans a race horse ou pour horse dans a horse race. Cette même distinction exige des fonctionnels en français : Un cheval de course, une course de chevaux (fonctionnel + marque de pluriel). En SBE, ces phénomènes de basculement d’une classe à l’autre véhiculent une mise en relief du procès. Un élément qui serait habituellement un adjectif, un nom, une préposition, peut à certains moments fonctionner comme un verbe. Il ne s’agit pas du tout d’un registre familier. Citons l’exemple d’un directeur de société lorsqu’il décrit un nouveau produit : This is a new tool to power the home, C’est un nouveau système pour “couranter” la maison, ou celui d’un PDG d’une banque : Prices are plateauing “Les prix sont en train de plateauer” probablement pour dire qu’ils ne bougent plus. Un PDG de société transforme une préposition en verbe : He’s downing obstacles : Intraduisible, à moins que cela ne veuille dire qu’il surmonte les obstacles au point de faire penser qu’il les réduit. En tant que verbe, un ancien nom pourra ainsi co-exister avec un préfixe, comme dans : Un pilote d’avion : We’re waiting for the passenger to deplane “désavionner”. Pendant ce colloque, nous avons entendu semanticize grammar. Un suffixe en -ize ou -ify permet d’accentuer la notion de processus. Plus récemment, nous découvrons : Webifying Applications qui comporte un triple procédé de mise en relief du processus :
- la transformation du nom web en verbe;
- l’ajout du suffixe -ify qui confère un mouvement au procès (nous aurions pu avoir webbing applications);
- et l’aspect be+ing qui confère une notion de processus
Nous avons donc ici trois procédés qui permettent une mise en relief de l’action, du dynamisme, en un seul néologisme.
Ensuite, notons qu’un élément habituellement verbal peut très facilement fonctionner comme un nom souvent grâce à l’ajout d’un suffixe comme dans Business Drivers, Market makers. (Nous sommes des “meneurs”, des “faiseurs” de marché), We like to think of ourselves as being an early mover, a first mover (Nous nous considérons comme un premier “bougeur ”?) Ce mécanisme peut apparaître sans suffixe. Récemment, dans une conférence à Montréal, un consultant américain a prononcé cette phrase étonnante : we are the haves (Nous sommes les “ayants”). D’où les deux catégories d’individus : the haves et the have-nots. Cette fluidité entre classes existe en français, mais elle est bien moins fréquente et moins productive qu’en SBE.
Les déterminants aspectuels
La notion de processus, de dynamique, est centrale en SBE, et elle sera mise en relief par la sélection du déterminant aspectuel du verbe. Permettez-moi une petite parenthèse comparative. Lorsqu’un jeune entrepreneur rencontre son banquier en France pour emprunter de l’argent, on a tendance à lui demander comment il va garantir son emprunt. Quel est son patrimoine, quels sont ses diplômes, quelle est sa situation, de quelle famille il est issu bref, ce qui intéresse le banquier, c’est l’état des choses, une promesse de stabilité. Aux États-Unis, les critères sont différents. On veut savoir autre chose sur le candidat à l’emprunt : quel est son potentiel, quelle richesse peut-il générer, qu’est-ce qui démontre sa capacité à réussir, de quelles références peut-il se réclamer pour démontrer sa capacité à rembourser avec une fiabilité assurée et enfin, quelle est son histoire, quel parcours professionnel a fait de lui l’homme d’avenir qu’il prétend être aujourd’hui. Autrement dit, ce qui intéresse la banque réside dans la conjonction de trois formes verbales : What you have done, what you are doing et what you can do. Tout est processus, tout est dynamique. Or, dans sa syntaxe même, le français a tendance à présenter les procès sous l’angle de l’état et l’anglais sous l’angle du mouvement. Le locuteur du SBE puise fréquemment dans ces procédés et certains déterminants grammaticaux du verbe vont ainsi être privilégiés. Alors que dans les grammaires traditionnelles, les statistiques indiquent que la forme be+ing est minoritaire, elle devient souvent majoritaire en SBE. Nous pensons que le SBE, ancré dans une culture d’action, puise dans la langue anglaise tous les éléments permettant de mettre en valeur le processus, d’où la fréquence de la forme be+ing.
Le sémantisme verbal
D’un point de vue sémantique, au sein de la classe des verbes, la notion de “faire” est centrale, véhiculée par l’utilisation fréquente de do, comme dans le slogan qui devient la quintessence de l’esprit d’action : just do it. Les verbes d’action, de mouvement, de dynamisme sont privilégiés : launch, “décoller, démarrer” ; seize “saisir”. Les verbes à particule, surtout à l’oral, confèrent un dynamisme supplémentaire au procès et sont donc fréquents. Voici quelques exemples dont la traduction poserait problème :
That project just kicked off,
“Nous venons de donner le coup d’envoi de ce projet”
We’re pushing on down to the very end user
“Nous desservons / poussons vraiment ? / jusqu’au dernier utilisateur”,
We want to stake out a significant position in Europe
“Nous voulons nous tailler une bonne position en Europe”
At some point you’ve got to leap beyond that
“Il arrive un moment où il faut surmonter / “bondir au delà de” ? / cela”
We’re jumping on the European market
“Nous sautons sur le marché Européen ?” [5]
La typologie sémantique du verbe
Nous nous sommes interrogés sur la typologie sémantique du verbe qui serait dominante en SBE. En utilisant les classifications de Vendler, qui sont certes un peu anciennes, mais qui nous semblent toutefois utiles, nous avons tenté quelques essais de classification des verbes rencontrés dans notre corpus. Rappelons d’abord les classifications qu’il propose :
- verbe d’état
- verbe d’activity : Il s’agit d’une activité qui s’exprime sans référence à sa finalité. (Exemple : to swim in a lake)
- verbe d’accomplishment : une activité ainsi que sa finalité sont exprimées. (Exemple : to write a letter) [6]
- verbe d’achievement : la finalité, la réalisation d’une activité est exprimée. (Exemple : to reach the top of the mountain)
Selon cette classification du sémantisme verbal, il semblerait que le verbe d’accomplishment soit le plus adapté aux valeurs du SBE. En effet, ce type de verbe permet d’envisager un procès à la fois sous l’angle du processus dynamique et du résultat, deux préoccupations conceptuelles caractéristiques du SBE. Le déterminant aspectuel permettra ensuite d’envisager le procès plutôt sous l’angle du processus dynamique (be+ing : I am writing a letter) ou sous l’angle du résultat (have+en : I have written a letter) ou sous les deux angles (be+ing + have+en : I have been writing a letter).
Prenons quelques exemples. Dans une présentation synthétique à laquelle nous avons assisté d’une entreprise américaine, sur 18 verbes utilisés dans les transparents présentés, nous avons relevé un seul verbe d’état, qui est lui-même en marge des véritables verbes d’état : behaving like a .com company. (Non pas being : être qui serait trop statique, mais behaving : se comporter). Sur 14 énoncés, nous en avons relevé quatre dont le contenu verbal relevait de l’activité : Buying and selling parts online ; competing at the speed of e ; Focus on customer centric initiatives ; seizing opportunities. Nous avons trouvé un verbe d’achievement: Establish measurable deliverables. Et enfin, nous avons observé une majorité des verbes d’accomplishment (11 sur 18 c’est à dire 61%) : Making it easier to do business ; providing pro-active solutions ; webifying applications ; helping manage your assets ; operationalize ; launch… listen… learn… re-launch ; developing solutions. Notons également que sur les 18 verbes, 12 (66%) étaient déterminés par l’aspect be+ing. D’autres procédés permettent également une mise en relief du processus. Les suffixes jouent un rôle que nous avons évoqué plus haut. Dans le verbe operationalize “opérationaliser” (to make something operational), le suffixe -ize confère un aspect processif, comme dans rationalize (to make something rational), summarize (to make a summary). Dans launch… listen… learn… re-launch, (lancer… écouter… apprendre… re-lancer), la ponctuation, ainsi que le préfixe re- confèrent la notion du mouvement, du processus, du procès en mouvement. Il faudra évidemment poursuivre ces classifications, mais celle que nous décrivons ici est assez représentative de notre corpus dans son ensemble.
La mise en avant de la personne
Cette primauté du verbe entraîne des conséquences sur l’emploi des pronoms, par exemple : alors que les formes impersonnelles sont souvent privilégiées en français, les pronoms personnels, surtout we et I, sont privilégiés en SBE.
Prenons l’exemple de l’expression traduisant l’obligation. En français, la forme impersonnelle sera préférable à la forme personnelle. Il faut le faire sera plus fréquent que nous devons le faire ; en anglais we must do it est plus fréquent que it is necessary to do it. Nous voyons ici un contraste entre mise en avant ou mise en retrait de la personne. La forme impersonnelle et la forme personnelle existent dans les deux langues, mais la forme impersonnelle tend à prévaloir en français, alors que c’est l’inverse en anglais [7].
Conclusion
Nous avons souhaité démontrer l’utilité de distinguer une traduction en anglais d’une transposition en Successful Business English. Dans le cas de notre exemple : “webifying applications”, nous avons identifié trois procédés qui confèrent une notion de processus dynamique à cette expression verbale, un transfert de classe le substantif web devient un verbe un suffixe -ify met en relief le processus, et un déterminant aspectuel be+ing, met également en relief le processus.
Une première question surgit. Elle peut être considérée comme une question technique de traduction : s’il s’agissait de traduire cette forme en français, comment pourrait-on rendre les trois procédés que nous avons identifiés et qui permettent la mise en relief du processus ? C’est une question intéressante d’un point de vue linguistique mais elle n’est pas véritablement dans le champ de notre recherche.
Les questions qui nous concernent sont liées à ce que nous avons appelé la transposition en SBE. Nous constatons que l’anglais est devenue une langue véhiculaire internationale. Ainsi, de nombreux textes sont régulièrement traduits en anglais. Mais surtout, nous observons que dans le contexte spécifique de l’entreprise internationale, il est insuffisant que les textes soient traduits en anglais. Certains d’entre eux, qui présentent un enjeu stratégique pour l’entreprise et qui sont destinés à convaincre un public particulièrement ancré dans les valeurs véhiculées par le SBE, devront faire l’objet d’une transposition. Pour cela, il faut pouvoir identifier ces textes et identifier la situation dans laquelle ils s’inscrivent, comme par exemple le type de public auxquels ils s’adressent. Dans le cas de notre exemple, il faudra savoir quand et pourquoi recourir à une formulation comme webifying bien qu’elle puisse peu ressembler aux formulations utilisées dans le texte d’origine. Ensuite, il faut avoir une assez bonne connaissance du sujet et des messages exprimés dans le texte d’origine pour ne jamais dénaturer la pensée de l’auteur, même s’il faut prendre la liberté d’adapter. Comment réussir l’équilibre entre éloignement dans la formulation et préservation du sens souhaité par l’auteur ? Et enfin, le but de notre recherche est de parvenir à mieux comprendre le fonctionnement du SBE. Il est important de pouvoir cerner les caractéristiques syntaxiques et sémantiques propres au SBE, ou plutôt d’identifier les procédés qui y sont particulièrement récurrents. Nous en avons brièvement présentés quelques uns ici, la fluidité des classes, les déterminants aspectuels, le sémantisme verbal, sa typologie et la mise en avant de la personne, mais il ne s’agit que d’une esquisse descriptive. Nous avons tenté de donner un bref aperçu de l’analyse des procès en SBE, caractérisé par des procédés linguistiques lui permettant de remplir sa fonction de communication dans un contexte socio-économique précis. Au-delà de la syntaxe et du lexique, il faudrait par exemple, également étudier les enchaînements discursifs caractéristiques.
Ainsi, nous distinguons la traduction en anglais de la transposition en SBE, en considérant qu’il s’agit de deux tâches bien différentes, exigeant des compétences également différentes. Dans le cas de la transposition en SBE, il s’agit pratiquement d’une nouvelle élaboration des messages, construits et formulés en fonction d’une cible donnée.
Notes
[1] BOND, Edward, Le Monde, mardi 30 mai, 2000.
[2] J’ai la chance de pouvoir appuyer ma recherche sur le corpus que constitue l’activité quotidienne d’un cabinet de conseil linguistique fondé à Paris (BCL) pour aider les entreprises à faire face aux exigences du SBE. En effet, BCL aide les dirigeants dans l’élaboration des messages et des textes pour qu’ils soient mieux adaptés aux interlocuteurs de la scène internationale notamment dans le monde très anglosaxon de la finance. Mon corpus comporte des discours, des transparents, des slogans publicitaires, et des extraits de dialogues notés lors de réunions de travail.
[3] Pour l’instant.
[4] Newsweek, March 20, 2000. p. 19.
[5] La prononciation dynamique de ces termes est également à noter dans des expressions verbales comme “pushing on down”. Le double usage adverbial des prépositions “on” et “down” permet de mettre l’accent tonique sur le syntagme verbal de manière très marquée.
[6] La classification dépend non seulement du sémantisme du verbe mais également du contexte. Par exemple, to swim in a lake est un “verbe” d’activity mais to swim a mile est un verbe d’accomplishment.
[7] Pendant un séjour au Québec, avant de venir à Toronto, j’ai remarqué un emprunt que le québécois fait à l’anglais. Le québécois dit : “Il m’a trop chargé”, emprunt calqué sur he charged me too much. Cet emprunt contraint à personaliser l’échange d’argent, procédé linguistique naturel en anglais mais fort rare en français.